La nouvelle vision des Canadiens pour favoriser l’AP et réduire la sédentarité

Le niveau d’inactivité physique et de sédentarité observé chez les Canadiens et Canadiennes représente un problème critique au Canada qui n’a encore jamais accordé une attention stratégique particulière à l’activité physique et à sa relation avec le sport, les loisirs et la santé. Voici le message stratégique du Canada à sa population qui vise à faire bouger le pays et à le rendre plus actif.

Partie I : Le contexte

L’activité physique figure parmi les fonctions humaines les plus fondamentales mais aujourd’hui, elle a pratiquement été éliminée de nos vies. Le résultat? Près de la moitié des adultes canadiens ne sont pas suffisamment actifs pour en retirer des avantages pour la santé et le bien-être.1  Et nous menons des vies de plus en plus sédentaires. Nous passons trop de temps à être oisifs, à être paresseusement allongés, à regarder un écran, à surfer en ligne et à jouer à des jeux vidéo. En outre, même ceux qui parviennent à respecter les directives en matière d’activité physique sont trop sédentaires pendant le reste de la journée. L’inactivité physique est désormais le quatrième facteur de risque de décès prématuré, après l’hypertension, le tabagisme et le diabète.2  Les premières recherches ont établi que la sédentarité contribue à une mauvaise santé et même au décès prématuré.3  On a estimé que l’inactivité physique chez les adultes avait coûté environ 6,8 milliards de dollars à l’économie canadienne en 2009.4

Plus les Canadiens et Canadiennes sont actifs, plus le Canada en retire des avantages.

L’activité physique est associée à de nombreux avantages découlant de l’activité sous toutes ses formes, qui profitent à la population canadienne à l’échelle individuelle, familiale, communautaire et sociétale dans de nombreux secteurs, comme l’éducation, la santé, le transport et l’environnement.

Avantages en matière de santé

  • L’activité physique prévient les maladies chroniques non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, l’hypertension, l’obésité, le diabète et certaines formes de cancer.
  • Elle améliore la motricité, la force musculaire, la forme cardiorespiratoire et la santé des os.
  • Elle maintient l’agilité et l’indépendance fonctionnelle.
  • Elle améliore la santé mentale et le bien-être.
  • Elle contribue à régulariser les habitudes de sommeil.
  • Elle stimule la créativité et l’apprentissage.
  • Elle réduit le stress, l’anxiété et la dépression.
  • Elle améliore la prise de décisions.
  • Elle apporte des bienfaits précis tout au long du parcours de vie, des tout-petits qui dorment mieux aux personnes âgées qui peuvent retarder l’apparition de la démence.
  • Elle renforce le sentiment d’appartenance.
  • Elle calme l’anxiété et rend heureux.
  • Elle contribue à renforcer l’assurance et l’estime de soi positive.

Avantages sociaux

  • Elle renforce la cohésion sociale, aide à la formation d’une identité positive et réduit l’isolement.
  • Elle socialise les enfants en leur inculquant un mode de vie actif.
  • Élargir l’accès aux installations et aux espaces publics pourrait favoriser la diminution des crimes en incitant les jeunes à adopter des comportements positifs
  • Santé et capacité communautaires

Avantages environnementaux

  • Elle améliore la qualité de l’air et a une incidence directe sur l’environnement.
  • Le transport actif réduit les polluants produits par les véhicules automobiles.
  • Lien avec la nature

Avantages en matière d’éducation

  • Elle renforce les compétences en résolution de problèmes.
  • Elle améliore la concentration, la mémoire, l’apprentissage et l’attention.
  • Elle a une incidence sur les notes obtenues par les élèves aux tests et sur leur rendement global.

Avantages économiques

  • Elle réduit les coûts globaux liés aux soins de santé.
  • Elle augmente la productivité et fait baisser le taux d’absentéisme.
  • Elle crée des avantages économiques pour les entreprises (p. ex., développeurs, détaillants), les employeurs et les employés.
  • Elle réduit les frais communautaires et les coûts de stationnement; les collectivités qui comprennent des espaces et des lieux actifs voient leurs activités touristiques croître et attirent les entreprises.

Partie II : Le fondement – activité physique pour tous

La Vision commune est éclairée par 5 principes interreliés qui orientent chacun des domaines prioritaires et des impératifs stratégiques :


1- Savoir-faire physique : Un meilleur savoir-faire physique ouvre davantage de possibilités d’activité physique. Comme c’est le cas pour la littératie et la numératie, l’acquisition des capacités de mouvement dès le jeune âge est plus facile et plus durable. Le renforcement du savoir-faire physique aux premiers stades du développement, notamment au moyen d’activité physique quotidienne à l’école, est essentiel pour atteindre l’objectif de la Vision commune. Tous les gouvernements, organismes, collectivités et dirigeants devraient envisager les domaines prioritaires sous un angle qui donne l’éducation, les expériences et les occasions qui leur permettent de développer leur savoir-faire physique. Les concepts élémentaires du mouvement, comme l’agilité, l’équilibre, la coordination et la vitesse, sont les éléments de base qui nous aideront à rendre les Canadiens et Canadiennes plus actifs.

2- Parcours de vie : Une démarche axée sur le parcours de vie reconnaît l’existence de périodes critiques en bas âge, pendant lesquelles les aptitudes sociales et cognitives, les habitudes, les stratégies d’adaptation, les attitudes et les valeurs s’acquièrent plus facilement. Ces capacités et compétences précoces façonnent ensuite la santé plus tard dans la vie. Une telle démarche souligne également l’existence de transitions de la vie déterminantes, entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte, par exemple, où les risques peuvent être déstabilisés et modifier la trajectoire du parcours de vie et la future santé.6

3- Démarche axée sur la population : Pour augmenter le niveau d’activité physique et réduire la sédentarité, il faudra prendre des mesures qui visent la population ou la sous-population dans son ensemble, et pas seulement la personne, afin de pouvoir atteindre l’objectif de la Vision commune. Tous les gouvernements, organismes, collectivités et dirigeants devraient envisager les domaines prioritaires sous un angle qui donne la priorité à l’accessibilité pour tous. Cela comprend l’élimination des obstacles et l’amélioration de l’accès aux activités et aux possibilités physiques.

4- Prise de décisions fondée sur des données probantes et axée sur des données émergentes : Il faut prendre des décisions reposant sur des données probantes pour définir les priorités et les stratégies qui encourageront et habiliteront les Canadiens et Canadiennes à être de plus en plus actifs et à se retrouver assis de moins en moins. Même si les données quantitatives en sont un élément clé, il est tout aussi important de tenir compte des données probantes qualitatives qui peuvent révéler la vision sous-jacente, les idées et les relations humaines qui peuvent établir un climat de confiance et de compréhension. Les démarches éprouvées peuvent orienter la planification future, mais l’un des aspects importants de l’innovation est également le développement de nouvelles sources d’exploration et de données probantes qui peuvent nous aider à atteindre l’objectif de la Vision commune.

5- Motivations : Même si la Vision commune indique clairement la nécessité de changements systémiques dans les environnements sociaux et physiques pour appuyer une augmentation du niveau d’activité physique et une réduction de la sédentarité, la motivation individuelle compte parmi les catalyseurs clés de l’activité physique. Les motivations peuvent fluctuer; elles changent tout au long de la vie et peuvent différer en fonction de l’activité. La motivation d’être actif peut comprendre l’amélioration de la santé, la réduction de l’isolement, l’amélioration de la santé mentale, le renforcement du sentiment d’appartenance, et d’autres facteurs encore. Qui plus est, pour de nombreux Canadiens et Canadiennes, l’activité physique est agréable et divertissante et fait partie intégrante de leur bonheur et de leur santé. Toutes ces sources de motivation sont un important facteur dans la création de la Vision commune.

Partie III : Les possibilités – domaines prioritaires

Nº1 Normes culturelles : Il est important de faire du mouvement une norme culturelle.

Il est essentiel de créer des normes culturelles qui tissent l’activité physique habituelle dans nos vies quotidiennes. Ce processus a pour base l’établissement de normes sociales qui appuient l’activité physique non structurée pour tous les Canadiens et Canadiennes. Pour les besoins du contexte, les normes sociales servent à évaluer le caractère acceptable et approprié de ses propres actes pour la société. Par exemple, l’ascenseur est devenu le moyen socialement acceptable de se déplacer d’un étage à un autre, même lorsqu’il serait facile de l’éviter. La recherche de la place de stationnement la plus proche de l’entrée en est un autre exemple. Et si cela pouvait changer? Les normes sociales peuvent renforcer un comportement plus positif lié au mouvement. Les normes atteignables en matière d’activité physique comprennent notamment l’introduction de pauses complètes pour faire de l’activité physique au travail ou à l’école, l’utilisation des escaliers ou le fait de se stationner au fond du terrain.

Nº2 Espaces et lieux : Il faut que les environnements physiques appuient toutes les formes de mouvement.

Dans le passé, il était plus facile pour les Canadiens et Canadiennes de faire suffisamment d’exercice physique pendant la journée. La plupart des gens exécutaient dans le cadre de leur profession et de leurs responsabilités quotidiennes des tâches pénibles sur le plan physique, comme les travaux agricoles, industriels ou ménagers. L’activité physique est trop souvent reléguée au rôle de passe-temps purement récréatif. L’aménagement physique des espaces et des lieux joue un rôle important pour encourager et habiliter les Canadiens et Canadiennes à être actifs dans la vie quotidienne. L’espace bâti à l’échelle locale influe sur les activités physiques sportives et récréatives ainsi que sur l’activité physique utilitaire. D’anciennes politiques gouvernementales concernant les peuples autochtones ont eu une incidence sur les liens jadis étroits et profonds qu’ils entretenaient avec les espaces et les endroits propices à l’activité physique régulière.

Nº3 Engagement du public : Il est urgent de stimuler l’engagement du public.

L’un des principaux aspects de cette démarche consiste à inclure les Canadiens et Canadiennes dans la coproduction de campagnes d’éducation du public, où ils peuvent jouer un rôle clé dans la création de programmes qui leur conviendront. Les nouvelles technologies jouent également un rôle clé Pour accroître la participation du public, il faut miser notamment sur les nouvelles technologies qui fournissent des idées ou des outils pouvant aider les gens à trouver des façons d’être actifs.

Nº4 Partenariats : Il est essentiel de travailler ensemble.

Des démarches multisectorielles qui font intervenir tous les segments de la société sont nécessaires à la réalisation d’objectifs communs. Par exemple, la promotion de l’activité physique dans une collectivité fait participer de nombreux secteurs et organismes, comme ceux du transport (p. ex., introduction de mesures de modération de la circulation), de l’infrastructure (p. ex., introduction d’un meilleur éclairage), des soins de santé (p. ex., accent mis sur la prévention), des parcs (p. ex., maximisation de l’utilisation des parcs), de la planification communautaire (p. ex., amélioration de l’accessibilité piétonnière), et bien plus encore. Un excellent travail est déjà en cours dans ces domaines à tous les échelons du pays, mais nous devons rassembler davantage de partenaires, et des partenaires différents. Grâce à un engagement actif auprès du secteur privé, du secteur des organismes sans but lucratif, des garderies, des établissements d’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, des organismes qui œuvrent dans le secteur du sport, des loisirs et de la santé et en dehors de ce secteur, ainsi que de tous les ordres du gouvernement, nous pouvons accomplir d’autres progrès.

Nº5 Leadership et apprentissage : Il est crucial d’établir un solide réseau de leadership et d’apprentissage pour renforcer la capacité.

On parle souvent de « secteur de l’activité physique » pour faire référence aux nombreux organismes et dirigeants qui œuvrent dans les domaines des sports, des loisirs et de la santé au Canada et qui jouent un rôle direct ou indirect dans la promotion de l’activité physique. Il est essentiel que les dirigeants, les fournisseurs et les bénévoles, tant à l’échelle nationale que locale, aient la capacité, les titres de compétence, les compétences et les sensibilités culturelles nécessaires, de même qu’une solide connaissance de l’histoire des Autochtones, pour effectuer ce travail important. La qualité des programmes de sport, de loisirs, de santé ou autres programmes d’activité physique peut avoir une influence sur les gens, et les expériences attrayantes de haute qualité peuvent avoir des effets positifs qui durent toute la vie.

Nº6 Progrès : Il est vital de savoir ce qui fonctionne.

Dans les domaines qui doivent faire l’objet d’un suivi et de rapports, le Canada mène un grand nombre d’excellents travaux dans tout le pays. Le Canada peut être un chef de file mondial en matière de surveillance, d’évaluation, de signalement et de présentation de nouvelles données probantes concernant l’incidence de l’activité physique et de la sédentarité sur nos vies. Les initiatives et outils existants sur lesquels s’appuyer sont nombreux. Citons, entre autres, les efforts déployés par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux pour surveiller le niveau d’activité physique de la population et établir des rapports à ce sujet, efforts qui orientent déjà les politiques visant à freiner l’excès de poids et l’obésité, ainsi que les outils tels que les Directives canadiennes en matière d’activité physique, les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire, le modèle Le sport c’est pour la vie, les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures à l’intention des jeunes et des enfants en bas âge, le Bulletin de l’activité physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION, et bien plus encore.

Partie IV : La voie de l’avenir – progrès collectifs

“Soyons actifs” n’est rien de moins qu’un cri de ralliement visant à rendre les Canadiens et Canadiennes de plus en plus actifs et de faire qu’ils se retrouvent de moins en moins assis. Ce document a été créé pour pousser tous les secteurs et les ordres du gouvernement à prendre ensemble de nouvelles mesures audacieuses afin d’augmenter le niveau d’activité physique et de réduire la sédentarité au Canada. La Vision commune est également une invitation à tous les organismes, à toutes les collectivités et à tous les dirigeants qui ont à cœur d’augmenter le niveau d’activité physique et de réduire la sédentarité à s’unir dans la collaboration, la coordination et l’engagement à l’égard d’une action concertée, tout en respectant les responsabilités, les ressources et les rôles particuliers que chaque groupe peut offrir dans son propre domaine.

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